Luxembourg 1867 : la réalité virtuelle redonne vie à un moment charnière de l’histoire du Luxembourg

1867

L’année 1867 fut capitale pour le Luxembourg. La ville et sa formidable citadelle ont à l’époque été le théâtre d’un conflit entre la Prusse et la France, qui se disputaient son statut politique ainsi que son appartenance militaire. La « crise luxembourgeoise », véritable tournant dans l’histoire politique de l’Europe, a finalement été résolue par le Traité de Londres. Ce dernier a scellé la démilitarisation de la ville et le démantèlement de ses fortifications et marqué le début de la vie culturelle et économique du Luxembourg en tant que pays réellement indépendant.
Musicien, compositeur et acteur, Pit Vinandy a dirigé une équipe qui a recréé ce moment charnière de l’histoire du Luxembourg grâce à la réalité virtuelle, en collaboration avec des musées et des établissements d’enseignement ainsi qu’avec des spécialistes de la technologie et des historiens internationaux, afin de faire renaître une époque vieille de 150 ans.

« Le projet Luxembourg 1867 prend sa source en 2008, avec l’idée de construire une réplique en ligne de la ville de Luxembourg telle qu’elle existe aujourd’hui – mais tout le monde sait à quoi elle ressemble aujourd’hui ! Quatre ans plus tard, on nous a demandé de reconstruire virtuellement l’un des quartiers de la ville, le Pfaffenthal, pour des élèves du secondaire. À partir de là, nous avons lancé le projet de créer la ville entière telle qu’elle se présentait en 1867. En raison de sa taille, c’était facilement réalisable. Pour Londres, il nous faudrait probablement 10 ans, mais désormais nous disposons d’un modèle de travail », déclare-t-il.

Les utilisateurs revêtent l’identité d’un personnage historique via un avatar. Ils peuvent entrer dans des maisons, des boutiques et des cafés, et visiter des monuments connus comme l’église Saint-Matthieu. Diverses personnalités historiques célèbres y figurent, telles que Laurent Menager, compositeur né dans le Pfaffenthal. Vinandy explique : « Il s’agit d’une période de l’histoire qui ne nous a jamais été enseignée à l’école. D’un point de vue politique, c’est un peu déroutant, mais extrêmement intéressant. »

La réplique de la ville est disponible sur Second Life, mais également dans les sections consacrées à la réalité virtuelle au musée du Fort Thüngen et au Lëtzebuerg City Museum. Avec deux casques de réalité virtuelle Oculus Rift et 10 ordinateurs à leur disposition, les utilisateurs pourront s’adonner à un jeu de rôle plongés dans cette période de l’histoire. L’expérience est totalement immersive : les joueurs peuvent saisir des objets avec leurs mains et les images sont tout à fait photoréalistes.

« C’est un excellent moyen de passionner les enfants pour l’histoire ; de plus, c’est accessible partout dans le monde » ajoute Pit Vinandy. « Il est possible de s’y connecter à partir de n’importe quelle plateforme, ce le sera même depuis un mobile à partir de l’année prochaine. Second Life n’est pas parvenu à percer davantage car le jeu ne fonctionnait pas sur toutes les plateformes. Dans ce cas-ci en revanche, tout le monde y a accès Il existe une communauté de personnes à travers le monde qui joue au jeu et travaille pour améliorer les différents services. »
Il explique que le système permet aux utilisateurs de créer une histoire dans l’histoire, et ajoute : « Les histoires sont écrites horizontalement. Les gens sont inspirés pour créer des histoires à partir de l’histoire. Cela va bien au-delà d’un projet éducatif. »
Le programme a fait appel à un vaste éventail de ressources techniques, tant au Grand-Duché qu’à l’échelle internationale, et ses créateurs proviennent du monde entier et s’aident de cartes pour pouvoir recréer cette période sans devoir voyager. Vinandy poursuit : « Cela évolue tous les jours, il y a toujours une nouveauté. Aujourd’hui, nous développons le projet sur " Sansar ", une application de nouvelle génération dans le domaine du monde virtuel, conçue par Linden Lab, qui a créé Second Life ».

Pit Vinandy envisage de faire évoluer le projet afin que celui-ci englobe d’autres époques et d’autres villes : « C’est très excitant, il n’y a rien de semblable à cette échelle dans le monde. Nous avons reçu des demandes de Slovénie de la part de personnes intéressées pour travailler avec nous sur des projets similaires ».

En août 2017, le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle a apporté un soutien financier à l’écriture d’un pilote pour une série télévisée sur le thème de l’année 1867.

  • Mis à jour le 29-08-2017